Entrevue sur le 4e trimestre d’Audrey

Audrey est une femme résiliente qui a donné naissance peu de temps les premières mesures de confinement du mois de mars 2020. Elle a vécu un postpartum teinté d’isolement, d’apprentissages, d’émotions, d’incertitudes, de sentiments contradictoires et d’amour. À quelques jours de donner la vie pour une deuxième fois, elle se sent prête à plonger dans la période postnatale avec conscience.

  • Comment vous sentez-vous aujourd’hui au moment d’écrire ces lignes? Bébé a quel âge?

Je suis en paix avec le 4e trimestre de mon premier garçon, 21 mois plus tard. Cela n’a pas toujours été facile mais je réalise, après coup, que la pandémie m’a créé un stress par rapport à la santé de mon nouveau-né et par rapport à la gestion des gens de mon entourage qui étaient trop pressés de venir voir et de prendre le bébé. C’est assez hallucinant de constater que nous revenons dans une situation semblable 2 ans plus tard. J’espère que ces mêmes gens seront plus compréhensifs.

  • Avez-vous eu la chance de réfléchir et de préparer votre 4e trimestre?

Beaucoup plus maintenant, à l’aube de mon 2e accouchement qu’à mon premier. Je suis beaucoup plus consciente de ce qui m’attend et mon mot d’ordre est le lâcher prise.

  • Comment se sont déroulées les premières heures suivant la naissance?

Bien, malgré l’épuisement post accouchement. Je vivais un genre d’euphorie, je me sentais apaisée avec mon bébé sur moi.

  • Comment s’est déroulé le retour à la maison?

C’était difficile surtout au niveau de l’allaitement. J’avais mal et bébé ne buvait pas assez, donc nous ne dormions presque pas. C’était l’enfer. En plus, je devais gérer la famille proche qui m’appelait, ce que je voyais comme une pression, car je savais qu’ils voulaient voir le bébé. Je leur avais pourtant dit que je voulais d’abord passer du temps en famille pour créer notre petit cocon.

  • Est-ce que l’accouchement a laissé des marques physiques et psychologiques?

Avec le recul, j’ai réalisé que j’aurais dû m’écouter davantage pendant l’accouchement, mais c’est difficile quand tu n’as jamais vécu ces sensations fortes. Tu as tendance à faire confiance d’abord au personnel médical, ce qui n’est pas mauvais en soi, mais j’aurais pu faire quelques petites choses autrement. C’est ce que j’espère pour mon 2e. De plus, j’ai eu une longue réhabilitation physique avec de la physiothérapie pelvienne, ce qui a affecté ma remise en forme et ma vie sexuelle. C’était parfois dur pour le moral.

  • Comment était votre village (ceux qui pouvaient vous appuyer après la naissance)?

J’ai dû choisir les bonnes personnes pour moi et non les personnes avec un « statut » important par rapport à moi. Mes amies ont été super et à l’écoute! J’ai particulièrement apprécié les personnes qui ne s’imposaient pas et qui demandaient si nous avions des besoins.

  • Est-ce que le contexte actuel de la pandémie a ajouté des difficultés à votre période postpartum?

Oui, la pandémie a ajouté des difficultés supplémentaires. Je m’en rends compte maintenant. Il faut se rappeler que nous étions en avril 2020, au tout début alors que nous présentions notre premier enfant par la fenêtre aux grands-parents. C’était déchirant.

  • Qu’est-ce qui a été le plus facile durant les premiers jours?

L’appui de mon conjoint qui était à l’écoute et très présent pour moi et pour le bébé. La pandémie nous a forcé à prendre le temps de former notre bulle familiale et renforcer nos liens affectifs, ce qui a été une bonne chose.

  • Qu’est-ce qui a été le plus difficile durant les premiers jours?

L’allaitement! J’avais très mal et bébé ne buvait pas assez, donc il ne dormait presque pas et nous non plus.

  • Est-ce qu’il y a un moment marquant où vous avez pris conscience de l’ampleur de votre rôle de maman/papa?

Pas de moment précis, mais j’ai réalisé qu’il avait vraiment besoin de moi 24h/24 quand je me levais la nuit.

  • Avez-vous une pratique/soin/activité coup de coeur ?

Quand je me suis sentie mieux physiquement, ça m’a fait le plus grand bien de juste prendre l’air, aller marcher avec bébé et le chien.

  • Selon vous, la période postpartum dure combien de temps?

Je crois que tout dépend du soutien des proches, des difficultés rencontrées, de la réhabilitation physique et psychologique. Pour moi, je dirais que cela a pris environ 2 mois.

Une confiance inébranlable en son corps

Transcription libre d’une entrevue avec Cynthia

Cynthia est cette femme inspirante qui a accepté de répondre à mes questions à l’aube de la naissance de son deuxième enfant. Elle est l’image de la mère forte qui a toujours eu une grande confiance en son corps, bref en ce que Mère Nature a prévu pour le jour de la naissance.

Elle et son conjoint n’étaient pas trop attirés par les cours prénataux de groupe. Cynthia a donc lu plusieurs ouvrages et visionné différentes capsules documentaires pour se préparer à ce moment riche en émotions. Il y a quelques années déjà, elle avait fait la lecture du livre Accoucher sans stress avec la méthode Bonapace. Ce dernier l’avait aidée à définir le type d’accouchement auquel elle aspirait, à mieux comprendre toute la science derrière ce moment et à acquérir quelques méthodes pour l’aider à gérer la douleur. Cette lecture a aussi amené Cynthia à pratiquer quotidiennement quelques exercices et postures de yoga pendant les dernières semaines avant la naissance. En vue de la naissance de son second, enfant, la relecture du livre était nécessaire.

État d’esprit

Du plus loin qu’elle se souvienne, Cynthia me rapporte ne pas avoir eu peur de donner naissance. Ainsi, elle n’a pas appréhendé son premier accouchement. Malgré l’excitation et l’anticipation, elle était plutôt sereine et confiante devant l’inconnu. Avec un suivi particulier pour la seconde portion de sa grossesse, ses appréhensions concernaient davantage la santé de son bébé. Les spécialistes parlaient de « macrosomie » et « polyhydramios ». En d’autres termes, on lui a expliqué qu’elle devrait mettre au monde un gros bébé qui évolue dans une grosse piscine de liquide amniotique. Tous les risques de complications lui ont été présentés comme la dystocie de l’épaule, la césarienne d’urgence, la possibilité que le placenta soit expulsé avant le bébé, etc. Ces scénarios combinés à ses lectures l’ont donc motivée plus que tout à gérer la douleur sans médication. Elle était bien informée des effets possibles de la médication, soit limiter l’efficacité des contractions, ralentir le travail et nuire au moment de la poussée. Son objectif était clair : mettre au monde son garçon de la manière la plus physiologique possible.

Une expérience unique

Elle a rapidement compris que chaque expérience était unique en fonction des convictions de chacun, mais aussi en fonction de certaines réalités que nous ne pouvons contrôler parfaitement. Ainsi, c’était important pour les parents d’avoir un objectif d’accouchement clair, mais aussi de garder en tête que derrière toutes ces convictions, une partie de l’expérience demeurerait imprévisible et hors de contrôle. C’est ça la beauté de la nature!

Soutien précieux du partenaire

Durant la grossesse, il peut y avoir des différences entre  la préparation réelle et la préparation souhaitée. Cynthia avait besoin d’acquérir quelques connaissances et de faire ses lectures pour se sécuriser et se donner confiance. Son partenaire, lui, avait une grande confiance de pouvoir s’adapter instinctivement à la situation.

Après la naissance, elle parle de son conjoint comme d’un partenaire de rêve qui l’a merveilleusement bien accompagnée dans la gestion de la douleur. Il a soutenu Cynthia en faisant les points d’acupression, en se souciant de son confort et en étant présent tout au long de la naissance. Ce qui reste à l’esprit de la mère est son grand sens de l’humour et son calme.

Soutien de l’équipe

Le personnel de l’hôpital a su prendre en considération les souhaits de naissance en évitant de proposer la péridurale et en faisant tout pour permettre à la mère de bouger malgré la lecture du moniteur et les fils reliés au soluté. Le matériel favorisant la gestion naturelle de la douleur comme le ballon d’exercice était disponible. Ainsi, malgré certaines contraintes dues à l’induction, le personnel de soutien a favorisé un beau climat, une petite bulle « zen » rendant son histoire d’accouchement des plus positives à ses yeux.

Avec du recul, cette expérience a été vécue comme un accomplissement personnel ainsi qu’un accomplissement de couple. Cynthia me rapporte que les sensations sont sans doute semblables à celle d’un marathonien qui réussit son tout premier marathon : un heureux mélange de force, de fierté et de puissance!

La douce rencontre

Cynthia se rappelle de cette douce sensation lorsqu’on a posé son garçon sur sa poitrine, un doux souvenir un peu lointain une fois la décharge d’adrénaline bien dissipée. Elle a tout de suite été touchée par les yeux émus de son conjoint et par la puissance de cet événement, une vraie manifestation de la nature.

Tisser des liens pour la vie

Bien que l’apprentissage de la vie à trois se fait avec le temps, l’amour et la reconnaissance pour ce petit être vivant furent pratiquement instantanés pour ces parents et n’ont fait que s’accroitre avec les heures, les jours, les mois et les années.

Bref, Cynthia se considère parmi les chanceuses qui gardent un souvenir extrêmement positif de son expérience de naissance. À quelques heures de donner naissance à son second garçon, son principal défi sera d’accepter que cette seconde expérience d’accouchement ne sera pas une réplique de la première, mais bien un moment unique en son genre.

Merci à la généreuse Cynthia de m’avoir donné la permission de publier son histoire. Les enseignements de la méthode Bonapace sont des outils qui permettent de vivre une naissance en confiance, réduire les sensations fortes, comprendre les mécanismes de gestion de la douleur, réduire les interventions obstétricales et encourager la participation du partenaire.

Entrevue sur le 4e trimestre de Jeanne

Voici l’histoire touchante d’une maman qui a accouché durant la pandémie et qui a vécu un accouchement difficile. Au moment de répondre aux questions, elle réalise son évolution en tant que femme et maman.

Comment vous sentez-vous aujourd’hui au moment d’écrire ces lignes? Bébé a quel âge?

Je me sens relativement bien. Bébé a 15 mois. On reprend le dessus tranquillement. Je viens de reprendre le travail et j’apprends à jongler avec tous les rôles en même temps.

Avez-vous eu la chance de réfléchir et de préparer votre 4e trimestre?

Je ne savais pas que le quatrième trimestre existait. Donc, je n’ai pas vraiment eu la chance d’y réfléchir avant que mon bébé vienne au monde. J’avais des convictions, elles ont toutes pris le bord. On m’avait parlé des premières semaines, de se reposer, de vraiment rester dans la bulle avec bébé et de protéger mon périnée, de ne rien planifier. Mais je ne savais pas que mon bébé serait encore un « fœtus ». J’aurais sûrement moins vécu de déceptions (et de frustrations) à chaque tentative de « faire » dormir mon bébé. Je me serais calmée et je me serais traitée avec plus de douceur.

Comment se sont déroulées les premières heures suivant la naissance?

J’étais comme gelée au cerveau par les hormones et par ce qui venait de nous arriver. J’étais vraiment très reconnaissante d’être en vie. Que mon bébé soit en vie. Bébé a bu, dormi, moi j’ai mangé et dormi. C’était une bulle très belle et douce.

Comment s’est déroulé le retour à la maison?

J’étais pas mal maganée. Mon accouchement naturel a duré 36 heures, dont 4 heures de poussée, sans péridurale. Je n’ai pas été en mesure de m’asseoir pendant plusieurs semaines. Mon mari a été un partenaire en or. Il m’apportait mes repas au lit, que je mangeais couchée inclinée sur le côté. Avec bébé ça allait, mais psychologiquement et physiquement, c’était difficile. J’ai eu très peur durant mon accouchement et je pense que ça m’a épuisée et marquée. J’ai dû consulter et en parler beaucoup pour pouvoir comprendre les émotions qui m’habitaient en lien avec la naissance de ma fille.

Est-ce que l’accouchement a laissé des marques physiques et psychologiques?

Oui, plusieurs comme des douleurs ici et là. Y repenser, c’est nébuleux. Je le vois comme quelque chose de beau, mais comme quelque chose de très intense, parfois violent. Ce n’est pas encore résolu dans ma tête et je ne sais pas si ça le sera un jour. Mon corps, lui, s’est rétabli plus vite. Je me sens plutôt bien. Je me sens forte.

Comment était votre village (ceux qui pouvaient vous appuyer après la naissance)?

Inexistant. Ma mère qui accompagnait son mari en fin de vie est venue quelques fois à la maison (oui…de manière « illégale » pendant la pandémie). Des amis ont envoyé des cadeaux par la poste en guise de « baby shower » et on est venu nous porter de la nourriture en renfort. C’est une forme de village, mais on a vécu beaucoup d’isolement avec bébé et on a parlé souvent du manque de support avec mon mari. J’ai construit un village très fort avec un service de relevailles, des groupes de soutien, des présences à des ateliers, etc. C’est fou le mouvement qu’il y a eu sur les réseaux sociaux et en ligne pour soutenir les nouveaux parents.

Est-ce que le contexte actuel de la pandémie a ajouté des difficultés à votre période postpartum?

Complètement. La grossesse a été stressante avec les conditions sanitaires dans les hôpitaux. Nous avions la chance d’être en maison de naissance, mais tous les rendez-vous étaient en milieu hospitalier et on devait être affiliés avec l’hôpital Général Juif. Au départ, cet hôpital refusait la présence du conjoint durant les examens et durant l’accouchement. Il fallait que tout se passe bien. Sinon, tu finissais seule à l’hôpital… avec ton accouchement compliqué. C’était vraiment stressant. Nos cours prénataux ont été annulés. Moi qui étais déjà stressée, ça ne m’a pas aidé. Ils ont finalement fait des enregistrements qu’on pouvait consulter en ligne. Fiou ! En postpartum, personne ne venait nous voir. Mon père qui est plus âgé n’a jamais pris sa petite fille durant sa première année de vie. Les gens autour de moi ne connaissent pas mon bébé. Je me disais : « T’as mis un enfant au monde et les gens qui sont ta famille et avec qui tu avais si hâte de partager ces moments, bin ça ne se peut pas. Des moments volés. Personne ne se touche. » Enceinte, mes proches ne me touchaient pas. Mon père a mis sa main une fois sur mon ventre avant la pandémie pour sentir le bébé bouger. Ensuite plus rien. C’est un grand vide. Irréel. Beaucoup de solitude. Mais là, on reprend le dessus. On refait les présentations.

Qu’est-ce qui a été le plus facile durant les premiers jours?

L’allaitement s’est bien passé, mais ça s’est compliqué par la suite, étonnamment. La symbiose de la famille avec ma fille et mon mari, les hormones de l’amour et du sommeil. C’est fou comme les priorités changent. Dormir et manger. Le reste… ça peut attendre.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile durant les premiers jours?

Mon rétablissement. J’avais l’impression d’avoir subi un accident. Les douleurs physiques, et psychologiques, les émotions reliées à ce moment, la lourdeur de l’accouchement. Je ne savais pas qui j’étais en tant que maman. Trouver mon rythme (arrêter de regarder la montre). Nous trouver nous.

Est-ce qu’il y a un moment marquant où vous avez pris conscience de l’ampleur de votre rôle de maman/papa?

Oui, j’essayais de calmer mon bébé qui pleurait sans arrêt et de l’endormir et je la berçais dans mes bras de gauche à droite. Puis, j’ai vu son visage changer, qu’elle n’allait pas bien et j’ai eu très peur, j’ai vu ses jambes molles et tout. Et j’ai compris qu’elle venait d’avoir peur du mouvement qui était trop fort (comme un réflexe). Je me suis tellement sentie mal. Je nous ai senties tellement petites et vulnérables. J’ai pris connaissance de l’intensité du sentiment en moi s’il lui arrivait quelque chose. Je me suis effondrée en larmes et j’ai eu très envie de la protéger. C’était ma montée de lait et aussi ma montée de larmes.

Avez-vous une pratique/soin/activité coup de coeur ?

On a beaucoup été privés de pratiques et de soins durant la pandémie. La marche, c’était notre thérapie du bonheur. J’aurais bien aimé faire des cours de natation avec le bébé et d’autres activités dans l’eau. J’ai consulté l’ostéopathe à plusieurs reprises. Ça m’a fait un bien fou ! Bébé aussi y a été.

Selon vous, la période postpartum dure combien de temps?

Une bonne année, même sûrement deux.

Et P.S. : Cette année est la plus belle de ma vie. 

Retour à la sexualité après l’accouchement

La sexualité fait partie intégrante de nos vies. Elle sera tantôt fluide tantôt rocambolesque. J’ai encore de la difficulté à digérer le manque de tact du personnel médical qui m’a aussitôt parlé de contraception alors que je tenais mon poupon dans mes bras. Pourtant, la vie continue et la sexualité reprend son cours avec quelques ajustements.

Aucune pression

Félicitations! Vous venez tout juste de donner la vie. C’est incroyable! Si votre entourage est quelque peu au fait des besoins des nouveaux parents lors de la période postpartum, vous êtes bien entourés et vous avez reçu du support pour les repas et les tâches ménagères et cela a contribué grandement à votre état d’esprit et a favorisé le repos.

Le corps de la femme a besoin au minimum de 6 semaines afin que l’utérus, qui a vécu un grand étirement, reprenne sa taille et sa place initiale. De plus, les organes qui se sont serrés les uns sur les autres afin de laisser toute la place au bébé grandissant ont besoin de temps pour reprendre leur place initiale et fonctionner à plein régime. Le corps est plutôt au ralenti après l’arrivée de bébé.

La période d’adaptation postnatale est un trimestre en soi, c’est le quatrième trimestre de la grossesse. On parle d’une durée de 3 mois où vos seuls objectifs devraient être le repos, nourrir votre bébé et connecter avec celui-ci. Bien sûr, certains couples auront envie de se câliner, de se toucher, de se masturber ou encore de faire l’amour. C’est tout à fait normal et sain. L’ocytocine, surnommée l’hormone de l’amour, est sécrétée lors de l’allaitement, mais aussi lors de contact de proximité avec bébé et votre partenaire. Le moment où la femme qui a accouché se sentira prête à avoir des rapprochements intimes diffèrera d’une personne à l’autre.

Dialogue

Votre partenaire est une personne clé! Verbaliser ses besoins et ses ressentis à son partenaire est le début d’une nouvelle vie sexuelle après l’accouchement. Vous aurez probablement besoin de temps afin de vous adapter à votre nouvelle réalité de maman, à votre nouveau corps qui a donné la vie, à votre nouvelle routine, bref, aux multiples changements qui surviennent après une naissance.

En tant que doula postnatale, je peux supporter les couples lors de la période postnatale. Je peux tenir un espace afin que chacun puisse s’exprimer. Tous ces chamboulements sont normaux. La lune de miel qui suit la naissance n’est pas éternelle. Le manque de sommeil, les boires répétés ainsi que les nombreux changements de couches sont des moments éprouvants et sont peu compatibles avec les rapprochements entre les partenaires.

Apprivoiser son corps

Quoi de mieux qu’une bonne mise au point! Le passage de bébé a laissé des traces psychologiques et physiques et peut avoir donné naissance à des blocages. Chaque accouchement est différent et donc, chaque corps l’est aussi.

Prenez un miroir et observez les changements de votre vulve et de votre vagin. Y a-t-il encore de l’enflure? Est-ce que les points de suture ont-ils laissé des marques? La sensibilité est-elle la même? Y a-t-il des rigidités? Je vous invite à insérer vos doigts et apprivoiser votre nouveau corps. Remercier la vie pour avoir mis au monde un petit être humain.

Pour les femmes qui allaitent, pensez à utiliser un lubrifiant. La prolactine sécrétée par votre corps est une hormone qui cause la sécheresse vaginale. Cela peut causer quelques désagréments.

Consulter un professionnel en rééducation périnéale sans culpabilité

Si vous ressentez un inconfort lors de vos prochains rapports sexuels ou bien une gêne lors de l’effort (comme des fuites urinaires suite à un éternuement, un saut ou encore une quinte de toux), n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé spécialisé en rééducation périnéale. Les physiothérapeutes vous aideront à retrouver votre confort en quelques séances. Les manipulations internes sont très efficaces, ils pourront aisément ajuster leurs interventions selon votre problématique.

Je rêve d’une tonne de publicité télévisuelle où l’on ferait la promotion de physiothérapie périnéale plutôt que de miser sur la promotion des culottes d’incontinence!

En terminant, la période postnatale apporte son lot d’adaptation et de défis. L’acceptation est souvent le premier pas vers un certain équilibre. Bonne continuité!

Entrevue sur le 4e trimestre de Maïté

La période postnatale apporte son lot d’émotions. L’idée derrière l’entrevue avec une nouvelle maman est d’exposer ses nouvelles réalités, de mettre des mots sur son expérience, de normaliser son vécu, d’accepter les changements qui affectent son quotidien et aider les autres mamans dans leur compréhension de cette période riche en émotions fortes.

Comment vous sentez-vous aujourd’hui au moment d’écrire ces lignes? Bébé a quel âge?

Bébé a 6 semaines. Je me sens beaucoup plus en confiance qu’au début!

Avez-vous eu la chance de réfléchir et de préparer votre 4e trimestre?

Oui, je m’étais informée et j’avais eu une bonne discussion avec Amélie qui m’a fait réfléchir à certains aspects auxquels j’avais moins pensé.

Comment se sont déroulées les premières heures suivant la naissance?

Le plus grand chamboulement de ma vie! Apprendre à connaître ce bébé tant attendu et en même temps ne plus se reconnaître soi-même. C’était comme être projeté dans un univers parallèle!

Comment s’est déroulé le retour à la maison?

Heureusement, tout était prêt à la maison. Beaucoup d’ajustements et d’essai-erreurs pour comprendre bébé, mais au final on était bien mieux dans notre cocon qu’à l’hôpital.

Est-ce que l’accouchement a laissé des marques physiques et psychologiques?

J’ai subi une déchirure importante qui a pris du temps à guérir. Ça m’a pris plusieurs semaines avant même d’aller voir et de digérer la fin de mon accouchement. Maintenant que je suis en très bonne voie de guérison, ça va beaucoup mieux, mais pendant longtemps je me suis sentie comme trahie par mon corps et par la médecin qui m’a accouchée. J’aurais dû m’écouter, mais ce n’est pas facile à faire à ce moment!

Comment était votre village (ceux qui pouvaient vous appuyer après la naissance)?

Vraiment très utile! Notre famille et certains amis se sont beaucoup occupés de nous. Les petits plats nous ont vraiment permis de se concentrer sur bébé et sur nous.

Est-ce que le contexte actuel de la pandémie a ajouté des difficultés à votre période postpartum?

Aspects négatifs: Bébé prenait pas assez de poids, donc nous devions nous déplacer beaucoup trop souvent au CLSC. Le suivi était auparavant fait à domicile. Cela me drainait énormément d’énergie et me donnait de l’anxiété (devoir sortir de la maison, avoir des vêtements qui me faisaient, horaire des boires de bébé, devoir se préparer plus rapidement, etc.)

Aspects positifs: Facile de limiter les visites!

Qu’est-ce qui a été le plus facile durant les premiers jours?

L’établissement de notre  »triade » maman-bébé-papa.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile durant les premiers jours?

L’allaitement et vivre de la douleur.

Est-ce qu’il y a un moment marquant où vous avez pris conscience de l’ampleur de votre rôle de maman?

En regardant mon chum faire du peau à peau l’hôpital avec bébé. Il était tellement petit et sans défense!

Avez-vous une pratique/soin/activité coup de coeur ?

Donner le bain. Bébé adore et maman aussi.

Selon vous, la période postpartum dure combien de temps?

C’est à découvrir, je sais qu’à 6 semaines je n’en suis pas encore sortie.

Rituel puissant de bandage du ventre

Le bandage du ventre est un soin ancestral pratiqué dans plusieurs régions du monde. Le style Bengkung est celui que je préfère et celui qui est décrit ci-dessous. Il provient de la Malaisie. La tradition veut que la mère bande son ventre durant 44 jours suivant son accouchement.

Inspire. Expire. Maman se tient debout. Droite, comme si le sommet de sa tête était équipé d’un fil qui se prolonge jusqu’au ciel. Maman choisit une intention avant que je commence à envelopper son ventre avec le tissu. La mère est en paix avec son accouchement. Je m’apprête à bander son ventre de la taille jusqu’au haut des côtes. Je suis sur le point de refermer une partie de son histoire et de mettre un baume sur son coeur.

Chaleur, douceur, soutien, douce pression. C’est un vrai câlin. Les bienfaits de ce rituel sont notables, notamment:
– Supporte les organes internes
– Apporte de la chaleur pour favoriser la guérison
– Favorise une belle posture
– Aide à apprivoiser les changements du corps après la naissance et améliore l’image corporelle

Ce soin est apprécié lors d’un moment de deuil, de doute, de vulnérabilité ou simplement pour se faire du bien.

La nouvelle mère a besoin de se sentir en sécurité, l’arrivée de bébé apporte son lot de nouveauté et d’inconnu. Le bandage du ventre est une occasion pour la mère d’apprendre à demander de l’aide. Elle a besoin d’aide pour faire son nouage et celui-ci sera réussi et confortable si son corps est détendu. La doula, et éventuellement son partenaire, prend le temps de l’envelopper, la rassure et lui confirme que toutes les réponses se trouvent à l’intérieur.

Un beau rituel de fermeture pour souligner la naissance de bébé.

Amour et magie

2 recettes délicieuses pour vos papilles

J’ai envie de vous partager deux recettes chouchous issues des principes de l’Ayurvéda.

Nous avons beaucoup à apprendre de ces traditions ancestrales. La femme qui vient de mettre au monde un enfant a généralement un excès de Vata, l’une des trois constitutions ayurvédiques. Son alimentation idéale devrait être chaude, humide, huileuse, naturellement sucrée durant les premières semaines postpartum.
Ainsi, on priorise deux idées, soit consommer beaucoup de bons gras (ghee, huiles vierges, beurre biologique) et consommer beaucoup d’épices pour réchauffer le corps en activant la digestion et favoriser l’allaitement.

L’ayurvéda, c’est la médecine traditionnelle indienne, l’une des plus anciennes du monde.

Dhal réconfortant

C’est un classique à la maison. Toute la famille en raffole.

  • 1 oignon moyen haché finement
  • ½ tasse de pâte masala (recette incroyable intitulée 30 minutes life-changing masala sauce  qui provient du blog Pinch of Yum)
  • 1 patate douce pelée en petits dés
  • 1 tasse de lentilles corail
  • 3 tasses de bouillon de légumes
  • 1 boite de conserve de lait de coco
  • 2 c. à soupe de ghee

Faire fondre le ghee, puis faire dorer l’oignon quelques minutes. Ajouter le mélange d’épices masala et remuer pour laisser dégager les parfums. Ajouter les dés de patate douce, les lentilles, le bouillon et le lait de coco. Laisse mijoter environ 30 minutes le temps que les lentilles soient bien tendres. Servir avec des pitas grillés ou bien sur du riz basmati. Déguster.
(sur l’image ci-dessus, le dhal est servi avec des betteraves du jardin)

Chaï sucré à la pomme

J’ai l’habitude de préparer cette recette sans mesurer. Je mets mes ingrédients favoris en plus grande quantité comme 5-6 bâtons de cannelle et 2 c. à soupe de clous de girofle environ. Pour les autres ingrédients, j’en mets environ 1 c. à café. C’est mon meilleur remède! J’aime toujours en avoir sous la main.

  • Bâtons de cannelle
  • Clous de girofle
  • Grains de poivre
  • Graines de cardamome
  • Noix de muscade
  • Anis étoilée
  • Morceau de gingembre frais
  • Morceau de curcuma frais
  • Pomme bio entière coupée en deux (ou pomme régulière pelée)
  • 6-8 tasses d’eau
  • 2 c. à soupe de thé noir en feuilles
  • 2 c. à soupe de sucrant (sucre de coco, sucre de canne, sirop d’érable, etc.)

Mettre tous les ingrédients (sauf les feuilles de thé et le sucrant) dans un chaudron avec l’eau. Laisser frémir 10 minutes. Retirer du feu. Ajouter le thé en feuilles et le sucrant. Filtrer. (Ajouter un lait végétal au goût.) Déguster.

Réfléchir ensemble le 4e trimestre

Le 4e trimestre est une période sacrée où la maman doit essentiellement guérir de son accouchement, apprendre à allaiter et tomber en amour avec son bébé.

Réfléchir avec son partenaire est une étape cruciale pour faire de cette période un moment unique.

La doula est une personne qui peut faciliter une rencontre en couple pour parler de votre vision de la maternité et de vos souhaits concernant une foule de sujets comme par exemple :

– l’annonce de la naissance
– les visiteurs
– le soutien à l’allaitement
– la planification des repas

La mère et le père peuvent avoir des visions différentes de la période postnatale. C’est tout à fait normal. La grossesse est bien différemment vécue par les deux partenaires.

Quand je suis allée visiter ma copine dans l’Ouest Canadien, je suis vite devenue la doula. En étant présente quelques jours avant l’accouchement et pour les 6 semaines suivantes, j’étais vraiment impliquée au cœur du cocon familial. Ma vision du postnatal était celle-là, la seule que je connaissais. Pour moi, c’était d’avoir une personne de confiance qui s’occupe de la maman et du reste de la maisonnée pendant que les parents connectent avec leur bébé. Rien au programme sauf tomber en amour avec bébé dans un grand lit et des bains de soleil!

Quand mon fils est né, nous n’avions pas pensé discuter au préalable de nos besoins et de nos visions respectives. Je suis tombée en bas de ma chaise lors du retour à la maison. Tout d’abord, je donnais naissance en novembre et non en plein cœur de l’été. Aucune journée chaude avec le soleil qui inonde ma maison. Pas de bébé en bedaine. Au contraire, mon petit coco de 5 lbs était couvert de la tête au pied avec plusieurs épaisseurs incluant mitaines et bonnet durant des semaines afin qu’il puisse garder sa chaleur! Puis, mon conjoint avait une tout autre vision de son congé parental. Il voulait refaire la salle de bain!

C’est important de laisser de la place à la nouveauté sans trop avoir de projet. Go with the flow. On ne peut pas tout prévoir avec l’arrivée d’un nouveau-né et on peut facilement être déçu si ce n’est pas exactement ce que l’on souhaitait.

D’un autre côté, une bonne discussion permet de faire de la place à nos valeurs, nos souhaits, notre vision de la maternité. Parce qu’au fond, l’important est d’écouter son cœur et sa petite voix intérieure.

Témoignage

« Le temps passé avec la doula nous oblige à prendre le temps de réfléchir à ce que nous voulons, en tant que couple et en tant que parents. La vie va vite et nous ne prenons pas toujours le temps de le faire. Nous avons eu la chance de prendre une heure avec elle pour discuter et réfléchir sur nos attentes et nos besoins. Un moment précieux et riche! »

– Parents qui attendent leur 2e enfant

L’art du blessingway

Un blessingway est une cérémonie entre femmes où la maman enceinte est traitée aux petits oignons. On veut lui offrir amour et force en vue de son accouchement.

On célèbre la maman avec l’ouverture d’un espace sacré qui contient des chandelles et des fleurs fraîches.

On fabrique une couronne de fleurs pour celle qui s’apprête à donner la vie.

Chaque participante apporte une perle, formule une intention et on assemble un magnifique collier unique qui pourra être porté le jour de l’accouchement.

On prend soin de la maman avec un doux massage des mains et des pieds, on pratique quelques postures de yoga prénatal, des exercices de respiration consciente, de la danse ou encore, on lui fait un dessin au henné sur le bedon.

On est loin de l’idée du « babyshower » traditionnel où l’abondance envahit les nouveaux parents. On mise plutôt sur le doux, le tangible, le coeur.

On gâte le coeur de la maman, on remplit son réservoir d’ocytocine. Cette hormone de l’amour tellement importante.

On vient renforcer l’idée que la femme est toute puissante parce qu’elle sait comment donner naissance à son bébé.